Installation 


Exil

Mes diverses recherches et rencontres m'ont fait constater l'omniprésence de métaphores liquides pour parler des flux migratoires (frontières poreuses, marée humaine qu'il faut canaliser, un afflux de migrants qui se déverse...). Ces mises en mots et en images constituent des dispositifs rhétoriques qui saturent les discours et les représentations.

Pour mon projet plastique, j'ai souhaité continuer de relater un parcours métaphorique. Mes premières recherches se sont concentrées sur
la représentation de l'exil et les différents modes de narration.

Mes diverses expérimentations m'ont amenée à intégrer le personnage, anonyme exilé, dans une narration graphique. Il y est toujours question de fragmentation du parcours et de l'identité, mais ici, l'exil s'inscrit dans une errance. On ne sait ni d'où il vient ni où il va. Au fil du récit, on le voit évoluer physiquement et psychiquement. Tout se délite, lui comme ce qui l'entoure.
J'utilise cette narration comme un moyen de poser un autre regard sur le phénomène migratoire et l'exil. J'envisage la fiction, la métaphore et l'imaginaire comme un possible pour pousser à la réflexion de manière plus douce sans pour autant imposer un discours péremptoire.


Projet de DNSEP (Diplôme national supérieur d’expression plastique)




My several researches and encounters made me realize that liquid metaphors referring to migratory flows are omnipresent (porous borders, human flood, inundation, migratory wave...). Actually, these words and imageries constitute rhetorical tools and saturate both speeches and representations.

In my plastic project, I have wished to still talk about a metaphoric process. First, I have worked on the exile representation. Then, I have questioned myself on different readings and narrative forms.

These experiments have led me to integrate the character, an anonymous exile, into a graphic narration. It is still a question of process and identity fragmentation. Exile enters into wandering. We don't know where he comes from or where he goes. In the story, we can see him progressing physically and psychologically. Identity fragmentation also alters the overall landscape that becomes totally unreal. I am using this narration as a way of having a different perception of the migratory phenomenon and exile. I consider fiction, metaphor, imaginary as an invitation to think.


Diploma project (DNSEP - Master’s degree)

2018


Mes expérimentations, autour de la représentation de l'exil, ont donné lieu à de nombreux dessins autonomes que j’ai organisé en trois parties, en trois suspensions : la fragmentation, la liquéfaction et le personnage dans le paysage, tant pour évoquer la fragilisation de l'identité que l'évolution des espaces traversés. Le paysage est ici le non-lieu dans lequel erre le personnage. Il avance dans un lieu transitoire en pleine rupture spatio-temporelle.
My researches about exile representation lead me to make a lot of independent drawings. I organized them in three parts, three hangings: fragmentation, liquefaction and the character in the landscape.
I allude to identity breakdown and to landscape evolution. He progresses in a transitional space.


Ci-dessus : Fragmentation, Liquéfaction et Paysage
Above: Fragmentation, Liquefaction and Landscape




Questionner les différents modes de narration m'a amenée à investir le corps du spectateur. En tournant autour de ces blocs, une lecture par le corps s'initie. On éprouve alors visuellement et physiquement cet individu fragmenté, fragilisé par son parcours.


By questioning the different narrative moods, I try to invest the body of the spectator. By turning around these blocks, a body reading starts. We can feel visually and physically this fragmented person, weakened by his journey.







Ci-contre : acrylique sur medium - échelle humaine
Opposite: acrylic on MDF - human scale
J'ai divisé la narration graphique en cinq périodes : la marche et ses épreuves physiques, la rencontre avec un groupe, la solitude, le souvenir et la déformation de sa réalité. Pour chaque période, il y a le chemin de fer simplifié de la narration, en masses et tracés noirs, ponctué de quelques dessins finaux, les plus grands avec de la trame. Par cette narration, je me suis beaucoup questionnée quand au rythme.


Un grand merci à Raphael Urwiller (tuteur plastique) et Emmanuel Cyriaque (tuteur théorique) pour leur suivi et la richesse de nos échanges.


Projet exposé :
« OP Exposition collective de jeunes designers, artistes, plasticiens, jardiniers, spéléologues, bricoleurs, urbanistes ! » à L’OpenBach (Paris) en juin 2018.
« Jeunes Designers » au Théâtre d'Orléans en septembre 2018.
I divided my graphic narrative in five periods: walk and physical trial, group meeting, lonliness, memory, reality distortion.
Each period is composed by a simplify storyboard (in black) and some final drawings (in color).





A big thank you to Raphael Urwiller (plastic tutor) and Emmanuel Cyriaque (theoretical tutor) for their supports and our great discussions.


Exhibitions:
“OP Collective exhibion of young designers, artists, gardeners, speleologists, DIY enthusiasts, town planers!” at L’OpenBach (Paris) in june 2018.
“Young Designers” at Orléans’ Theater in september 2018.